Augustino BRUNIAS (Rome, vers 1730 - Roseau , La Dominique, - Lot 379

Lot 379
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Augustino BRUNIAS (Rome, vers 1730 - Roseau , La Dominique, - Lot 379
Augustino BRUNIAS (Rome, vers 1730 - Roseau , La Dominique, 1796) Esclaves affranchis de Saint-Domingue Paire de panneaux de chêne, une planche, non parqueté Hauteur : 24 cm Largeur : 17,7 cm Note : Brunias est né à Rome, il effectue la majeure partie de sa carrière à Londres et dans les Caraïbes. En 1758, il suit l'architecte écossais Robert Adam en Angleterre, où il dessine des plans pour assister l'architecte. Il se rend ensuite en Dominique, entre 1767 et 1770, une nouvelle colonie britannique, en tant que peintre particulier du premier gouverneur de la colonie, Sir William Young. Ces peintures permettent d'entrevoir la réalité de la vie dans les colonies, terre d'influences et d'échanges entre les cultures européenne, africaine et caribéenne. Après son retour en Angleterre en 1773, il continue de représenter les colonies, publie des séries de gravures et expose à la Royal Academy. Le premier tableau représente trois femmes et un enfant aux abords d'une rivière. Derrières elles, se détache le cours d'eau, de la végétation, puis un ciel partiellement couvert. La femme la plus à droite est noire, les deux autres sont métisses. La femme noire porte le linge propre sur sa tête, tandis que celle du milieu tient un battoir, la troisième, agenouillée, semble nettoyer le linge. Malgré leurs différences ethniques, les trois sont chargées de la même tâche et vêtus de manière semblable, elles semblent appartenir à la même classe sociale. Le second tableau représente trois personnes noires, un homme sur la gauche et deux femmes sur la droite, tous richement vêtus. Derrière eux on remarque une végétation de laquelle se détache deux palmiers, devant un ciel partiellement couvert. L'oeuvre s'inscrit dans la volonté de l'artiste de représenter la vie locale et le transfuge de classe de certains anciens esclaves. Les personnages sont, en effet, habillés à la mode des colons européens. Comme à son habitude, l'artiste propose plusieurs versions de ces oeuvres, il y change des détails dans la composition comme les couleurs, les personnages, ou la végétation. Il présente aussi des oeuvres qui se répondent et garde les mêmes dimensions de façon à pouvoir décorer un même endroit avec plusieurs d'entre elles. Deux gravures de notre premier tableau, une en noir et blanc et une en couleur, sont conservées au Yale Center for British Art. Une autre gravure en couleur est conservée au musée du nouveau monde de la Rochelle, sur laquelle la femme au centre est blanche. Les trois gravures sont baptisées Blanchisseuse des Indes occidentales. Notre second tableau existe dans une version quasiment identique conservée au Yale Center for British Art et exposée temporairement au Metopolitan Museum (The Interwoven Globe - Worldwide Textile Trade, 1500-1800, The Metropolitan Museum of Art, 2013-09-10 - 2014-01-05). Celle-ci est baptisée Free West Indian Dominicans. Brunias peint pour des commanditaires qui souhaitent que l'artiste représente leur famille, leurs terres et ceux qui y travaillent, au sein d'une vie coloniale hiérarchisée et ordonnée. Ils souhaitent que les travailleurs soient représentés bien portants, propres et dans l'allégresse. Ces commandes permettent à l'artiste de proposer un art subversif servant un discours politique critique sur l'artificialité de la hiérarchie raciale. Il remet en cause, par ses scènes de genre, la considération que l'on peut avoir pour les populations noires et métisses des îles. Ces oeuvres représentent l'effervescence de la culture noire par ses traditions, festivals, danses ou même ses marchés. L'artiste semble tant célébrer que critiquer une culture africaine s'incorporant dans une culture locale, naissante et métissée. Il propose une vision romancée, représentant une société paisible, où les relations semblent plutôt harmonieuses, bien que complexes. Dans un autre tableau de Brunias, Free women of color with their Children and Servants in a Landscape (Brooklyn Museum), est représenté une différence de classe entre les femmes libres, qui sont des "mulâtres" et leurs domestiques noires. Les femmes issues du métissage semblent bénéficier d'un statut distinct, ce qui fait toujours de la couleur de peau un marqueur social. A l'inverse, notre second tableau représente des affranchis, leur couleur de peau ne permet plus de présumer de leur statut social. L'homme est noir mais habillé de manière similaire au personnage blanc de Handkerchief dance on the island of Dominica (collection privée). Le vêtement de l'homme de notre tableau indique donc un statut privilégié ou simplement une intention de s'en revendiquer, malgré sa couleur de peau. Brunias s'inscrit dans la mode de la représentation de catégories de populations émergentes, les mulâtres et les affranchis ; issus du métissage de populations qui se côtoient suite au commerce triangulaire, notamment les européens et les africain
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