Anna Eva BERGMANN (1909-1987) - Lot 139

Lot n° 139
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Anna Eva BERGMANN (1909-1987) - Lot 139
Anna Eva BERGMANN (1909-1987) N°60-1962 Clavecin doré Tempera et feuille de métal Signée et datée en bas à droite AEB 1962 et annotée au verso no 60-1962 65 x 100 cm Cette oeuvre est incluse dans le catalogue raisonné de l'oeuvre d'Anna-Eva Bergman. « Je ne peins pas vraiment à l'or ». Anna-Eva Bergman naît à Stockholm le 29 mai 1909, de mère norvégienne et de père suédois. Ses parents se séparent six mois après sa naissance et sa mère la ramène en Norvège où elle passe son enfance et son adolescence. Elle fait ses études à l'Académie des Beaux-Arts d'Oslo (1927) et à l'École des Arts Appliqués de Vienne (1928). Ses écrits et dessins, dès l'âge de quatorze ans, témoignent de son sens de l'humour et de l'observation. En quelques traits, elle saisit un visage, une attitude ou un mouvement. En avril 1929, elle part à Paris et s'inscrit à l'Académie André Lhote. En mai, elle rencontre Hans Hartung. Ils se marient la même année à Dresde. Son art est marqué à ses débuts par les artistes allemands de la Neue Sachlichkeit, comme George Grosz ou Otto Dix. Ses dessins de personnages emblématiques de la bourgeoisie allemande et française traduisent un regard plein d'humour, mais elle passe volontiers à la satire quand ses dessins évoquent la montée du nazisme en Allemagne au début des années 1930 ou caricaturent le Général Franco en 1935 ou encore l'occupation allemande en Norvège. De 1933 à 1934, le couple s'installe dans l'île de Minorque, aux Baléares. Les peintures et aquarelles de cette période montrent son intérêt pour le nombre d'or ou l'architecture et annoncent les formes simples, construites de son travail futur. Le couple divorce en 1938, Anna-Eva Bergman retourne en Norvège et retrouve sa nationalité norvégienne ; elle était devenue allemande lors de son mariage en 1929. De 1935 à 1945, elle se consacre essentiellement à l'illustration et à l'écriture. En 1946, elle recommence à peindre avec intensité et s'engage à la fin des années 1940 dans une voie non figurative. Peinture et écriture sont alors étroitement liées. Les « carnets » qu'elle a tenus de 1941 à 1951 décrivent son cheminement intime, jour après jour, dans la construction d'un monde pictural symbolique et abondent de questions théoriques ou techniques, de réflexions sur l'art, sur l'esthétique ou la philosophie. La ligne et le rythme y deviennent fondamentaux. Cette période marque un tournant majeur dans sa création. Elle invente et construit peu à peu un univers singulier. Elle réalise son premier tableau à la feuille d'or. En 1951, elle abandonne définitivement l'illustration. En 1952, elle s'installe à Paris et retrouve Hans Hartung. Ils décident de vivre à nouveau ensemble, puis se remarient en 1957. Ils emménagent dans une maison-atelier rue Gauguet, près du Parc Montsouris en 1959. En 1958, dans une série d'oeuvres sur papier de même format, à la tempera et feuille de métal, Anna-Eva Bergman décline pour la première fois en peinture le répertoire de formes qu'elle a développé dans son travail depuis 1952 : pierre, lune, astre, planète, montagne, stèle, arbre, tombeau, vallée, barque, proue ou miroir. Elle en fera l'inventaire complet à la fin des années 1960 sous forme de listes qui détaillent ses thèmes, décomposent son alphabet, fabriquent des ensembles et montrent leurs transformations dans ses peintures et ses estampes. En 1962, le couple Hartung-Bergman acquiert un terrain recouvert d'oliviers sur les hauteurs d'Antibes. Bergman et Hartung effectuent leur premier séjour à Carboneras, sur la côte andalouse, en Espagne, un lieu « resté sauvage et inchangé, occupé uniquement par des paysans, des pêcheurs et des bohémiens, comme nous l'aimions tant Hans et moi ». Elle peint également dans son atelier parisien de la rue Gauguet. L'oeuvre de 1962 que nous présentons chez Aponem ce jour témoigne de l'éclosion de cette nouvelle période chez l'artiste. Intitulée Clavecin doré, cette toiles aux reflets métalliques mouvants, emprunte de musicalité, illustre parfaitement la maturité de la seconde période de l'artiste qui s'impose comme maître de l'abstraction (1950 à 1987). La première oeuvre connue de l'artiste utilisant l'or date officiellement de 1950 « N°ca - 1948-50 ». Cette matière en particulier distingue la production de Bergman de celle de ses contemporains: la feuille de métal. De nombreux auteurs tels que Moe ont expliqué que l'artiste avait appris à utiliser la feuille de métal avec Christian Lange. Architecte d'Europe centrale par son éducation et ses origines, Lange serait intervenu dans la restauration de la cathédrale Sainte-Élisabeth de Kosice et celle de la basilique Saint-Gilles de Bardejov, en Slovaquie (anciennement Kaschau et Bartfeld). Dans une lettre à Hans Hartung, datée du 24 août 1949, Bergman décrit Lange comme un formidable professeur et architecte gothique
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